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dimanche 10 février 2008

Caricatures du Prophète / Sketch sur les juifs: une liberté d'expression à deux vitesses



Sans prendre partie pour tel ou tel acte, nous pouvons constater que la liberté d'expression, en France notamment, mais aussi dans l'ensemble des pays occidentaux diffère en fonction du sujet.
- Caricatures de Mahomet
- Sketch sur les juifs
Les arguments avancés sont forts peu convaincants, comme le montre à son insu Thierry Ardisson.
Peut-on encore justifier l'interdiction de toute critique à l'encontre des personnes de confession juive sous le seul argument qu'ils ont été persécutés pendant la Seconde Guerre Mondiale, et critiquer sans problème les deux autres religions du Livre que sont le Christianisme et l'Islam?

dimanche 25 février 2007

"Arc chiite" : fiction ou réalité ?




Selon une théorie très américaine, il existerait parmi les axes de radicalisation au Moyen-Orient, un « arc chiite », s’étendant du Liban à l’Iran, en passant par la Syrie et l’Irak.
Le ministre français des affaires étrangères, M. Douste-Blazy, parle de même d’un « croissant chiite avec ses composantes arabes et persanes » (cf Des affaires pas si étrangères chez Odile Jacob).
Mais pour qu’il existe un véritable arc, encore faut-il qu’il soit continu et uni.

1/ Un arc morcelé
Alors qu’il est incontestable que l’Irak et l’Iran sont très majoritairement chiites, et le Liban, en grande partie, il n’en est pas forcément de même en Syrie.


En effet, dès l’arrivée au pouvoir en 1963 des Alaouites (constituant le parti Baas) en Syrie, renversant une majorité sunnite ancestrale, beaucoup chez les Occidentaux y ont vu une réelle prise de pouvoir chiite.


Or les Alaouites sont issus d’une séparation avec le chiisme traditionnel, au niveau du 7ème imam (le 1er étant ‘Alî, le cousin du prophète).
(De même deux autres divisions viendront créer deux communautés de plus, distinctes des chiites Duodécimains : les Ismaéliens et les Druzes.)
Pour les sunnites et autres chiites, les alaouites ne sont pas musulmans (car emplis de conceptions païennes). Ce rejet des autres communautés musulmanes s’est notamment traduit par les violentes émeutes subséquentes à l’arrivée au pouvoir des alaouites en Syrie. Devant les pressions populaires, le Président syrien a même dû inscrire dans la Constitution que le Président devait être musulman.


Ainsi, il est superflu de considérer que le pouvoir syrien puisse faire parti d’une « alliance chiite » au Moyen-Orient, d’où un morcèlement du soi-disant arc chiite.


2/ Un arc désuni
Comme le disait Ibn Khaldum : « les Arabes ne s’entendent que sur une seule chose : ne jamais s’entendre ».
En effet, le monde arabe aujourd’hui est totalement divisé. Alors qu’à l’époque du nassérisme, on avait espéré pouvoir parvenir à un noyau d’unité entre l’Egypte, la Syrie et l’Irak, tous ces espoirs sont partis en fumée. La guerre Irak/Iran et la 1ère guerre du golfe ont achevé cette évolution.


Il semble ainsi que la seule unité actuelle soit celle du nationalisme arabe dans un cadre pluri étatique : les clivages religieux laissent la place à un fort sentiment d’identité national.
Cette considération fut notamment présente au cours de la guerre Irak/Iran. Les deux Etats sont tous deux majoritairement chiites, pourtant, ils se sont livrés une guerre sanglante.
Depuis, d’ailleurs, les Iraniens adoptent une posture de défense du territoire national : « le nationalisme perse ». Ils ont dès lors abandonné toute idée d’exporter leur Révolution à l’étranger et de créer un axe chiite au Moyen-Orient. En effet, après avoir soutenus les chiites de Bahreïn, ils les ont délaissé, tout comme les Hazaras (chiites Afghans). Il convient tout de même de noter l’exception du Hezbollah (mouvement chiite libanais).

Ainsi, un axe chiite est impossible au Moyen-Orient, la conception nationaliste dépassant les clivages religieux.
Mais ceci est moins vrai aujourd’hui, puisque Al Qaïda essaye de plus en plus de favoriser la ligne de fracture chiite/sunnite. Que ce soit au Liban ou en Irak, la guerre civile tend à rapprocher les mouvements chiites et à favoriser un réseau transnational.

samedi 24 février 2007

Arabes et musulmans



Comme il a été précédemment dit, il existe 1 milliard 300 millions de musulmans, pour « seulement » 300 millions d’arabes (habitants dans des pays de la Ligue arabe).
Ces seuls chiffres permettent déjà de nuancer l’assimilation si souvent faite : un arabe est musulman, et réciproquement, un musulman est arabe.
Il convient de rappeler avant toute chose que le Moyen-Orient est la terre des trois grandes révélations monothéistes (Judaïsme, Christianisme et Islam).
Alors que le judaïsme ne touche qu’une partie infime de la population arabe, le christianisme est en revanche beaucoup plus encré, de part son histoire et notamment l’influence coloniale.

1/ Arabe / Musulman
Certes, la grande majorité des arabes du Moyen-Orient est musulmane, sunnite.
Cependant, d’autres confessions plus ou moins minoritaires en fonction des pays, tiennent une place non négligeable dans la société moyen-orientale.


L’exemple le plus significatif est celui du Liban. En effet, la mosaïque confessionnelle de cet ancien protectorat français semble divisée en trois : 1/3 de chrétiens (maronites), 1/3 de sunnites et 1/3 de chiites (même s’il semblerait qu’il y ait actuellement plus de chiites que de sunnites). Le système constitutionnel libanais divise le pouvoir selon cette mosaïque : un Président chrétien, un chef du gouvernement sunnite, et un président du Parlement chiite.
Au delà de cet aspect théorique, la partie chrétienne a joué et joue toujours un poids considérable dans le jeu des alliances de ce pays, à l’heure où les chiites (Hezbollah et Amal) tentent de renverser le gouvernement sunnite de Fouad Siniora.
Par ailleurs, le plus grand foyer de chrétiens se situe en Egypte : chrétiens coptes (5 à 10% de la population).


Ainsi, il serait totalement désuet de ne parler que de l’Islam dans les pays arabes, en abandonnant toute une partie de la population. La distinction entre l’Islam et les autres confessions (notamment chrétienne) est plus que nécessaire dans cette région où les minorités jouent un rôle considérable.



2/ Musulman / Arabe

De même, les arabes musulmans ne représentent qu’une faible part des musulmans dans le monde (un peu plus de 20%).
En effet, l’Islam s’est répandu au fil des siècles aussi bien en Afrique (Afrique du Nord et une partie de l’Afrique noire), qu’en Europe (notamment France, Royaume-Uni, pays balkaniques), en Extrême-Orient (jusqu’à la Chine et la Russie), et en Indonésie.
Dans la plupart des ces régions, l’Islam est même religion d’Etat.
Ainsi, un musulman peut être aussi bien Français, que Javanais, Russe ou Nigérien.
L’Islam est une religion. Et en tant que telle, elle peut être pratiquée par tous, quelques soient leurs origines.



Bien que l’on puisse admettre dans une certaine mesure que la religion soit parfois liée à une culture, cette considération ne permet pas d’expliquer la distinction omniprésente de nos jours (mais absurde) entre Islam et Occident.
Que l’on mette en opposition la civilisation arabe avec la civilisation occidentale, ou l’Islam et le Christianisme apparaît déjà comme complètement désuet à l’heure actuelle ; mais aller jusqu’à opposer une religion à une civilisation, n’a de sens que pour attiser les haines et le racisme.