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dimanche 10 février 2008

Caricatures du Prophète / Sketch sur les juifs: une liberté d'expression à deux vitesses



Sans prendre partie pour tel ou tel acte, nous pouvons constater que la liberté d'expression, en France notamment, mais aussi dans l'ensemble des pays occidentaux diffère en fonction du sujet.
- Caricatures de Mahomet
- Sketch sur les juifs
Les arguments avancés sont forts peu convaincants, comme le montre à son insu Thierry Ardisson.
Peut-on encore justifier l'interdiction de toute critique à l'encontre des personnes de confession juive sous le seul argument qu'ils ont été persécutés pendant la Seconde Guerre Mondiale, et critiquer sans problème les deux autres religions du Livre que sont le Christianisme et l'Islam?

samedi 20 octobre 2007

L’esclavage dans les pays arabes : histoire ou actualité ?



Définie comme « la possession des hommes à l’égal des autres biens meubles », La pratique de l’esclavage était déjà très répandue, dans les pays arabes, à l’époque du prophète, qui était lui-même esclavagiste.

En effet, le Coran légitime la pratique coutumière arabe de l’esclavage et fixe le premier statut juridique des esclaves.
- Il définit ainsi les règles en matière de mariage avec des femmes esclaves (IV;3 et IV;25).
- Il pose des règles de conduite pour les esclaves (XXIV;58).
- Et déconseille même d’être généreux avec ses esclaves (XVI;71).

L’esclavage a été définitivement abolit en 1963. Pourtant, certains Etats arabes continuent à le pratiquer, malgré les pressions internationales.

1/ Au Sud-Soudan
Les populations noires du Sud-Soudan sont réduits en esclavage par les islamistes arabes du Nord.
- Bien avant les rapports de l’UNICEF et de l’organisation Christian Solidarity International de 2000, signalant la présence d’environ 100.000 esclaves (notamment des femmes et des enfants) sur le territoire soudanais, plusieurs rappels à l’ordre contre le régime de Khartoum avait déjà eu lieu.
- Déjà en 1992, les organisations internationales avaient fait front commun pour condamner le Soudan pour violation des droits de l’Homme et pratique de l’esclavage.
- La lettre de condamnation de Boutros Ghali rappelait de même la pratique de l’enlèvement des enfants et l’esclavage comme pratique génocidaire.
Par la suite, plusieurs rapports de l’ONU sont venus confirmer ces pratiques et constater leur persistance…

Et de nos jours, ne parlons même pas de la situation au Darfour…

2/ En Mauritanie
L’esclavage a été aboli en Mauritanie, pour la 3ème fois en 1981.
- Les deux premières décisions étaient toutes implicites (décret colonial français de 1905 et première constitution de 1960).
Seulement, à ce jour, aucune des mesures n’a encore été assortie de procédures d’exécution ou de sanctions pénales.
- Par ailleurs, la loi contre la traite des personnes et des organes de 2003, ne mentionne aucunement le terme « esclavage ».
- Les affaires se multiplient et nombre d’organisations ne cesse de les dénoncer (SOS Esclaves en Mauritanie, Amnesty International…).
- La plupart des estimations situent le nombre d’esclaves vivant en Mauritanie aux alentours de 30% de la population…

3/ Dans la péninsule arabique
Dans cette région du Moyen-Orient, la sharia demeure appliquée de manière assez stricte (malgré les évolutions récentes). Les princes se permettent donc de perpétuer l’esclavage, sous couvert du droit musulman.
Des affaires sont périodiquement révélées et font scandale. Mais la situation subsiste toujours.

4/ En Arabie Saoudite
- De même, au nom de l’intangibilité de la norme coranique, l’Arabie Saoudite ne voulait pas légalement abolir l’esclavage.
- En 1964, 4000 esclaves étaient présents dans le royaume. Sous la pression américaine, le roi les a affranchis.
- Seulement, encore maintenant, quelques 7 millions de travailleurs étrangers vivent dans des conditions similaires… (voir à ce sujet le rapport de Human Rights Watch).


A rappeler enfin qu’en Europe, les principaux cas d'esclavage moderne sont signalés au domicile de diplomates ressortissants de pays arabo-musulmans, couverts par l’immunité diplomatique.

dimanche 7 octobre 2007

Exportation de la France dans le Golfe

La France a toujours eu des relations privilégiées avec les pays arabes, notamment ceux du Proche-Orient.
Le Président Jacques Chirac a eu à cœur de consolider ces relations, particulièrement avec le Liban.
L’élection de Nicolas Sarkozy confirme la mouvance française actuelle de lier de bons rapports avec des pays arabes considérés comme économiquement plus intéressants. En effet, la montée des investissements français dans les pays du Golfe Persique s’est accompagnée d’une politique de rapprochement culturel, éducatif et militaire.


1/ Le musée du Louvre à Abou Dhabi
En mars 2007, la France a signé avec l’émirat d’Abou Dhabi un accord pour la création en 2012 d’une branche du musée du Louvre, dans cette ville.
- La France prête ainsi la marque « Louvre » pendant 20 ans, et environ 300 œuvres pour deux ans. La contrepartie de cette générosité culturelle s’élève à 1 milliard d’euros.
- Bien que ce « Louvre du désert » permette de faire rayonner l’art occidental classique, certains posent le problème de la marchandisation de la culture…

2/ La Sorbonne à Abou Dhabi
« L’université la plus prestigieuse de France a ainsi fait une entrée fracassante dans le jeu de la mondialisation de l’éducation. » titre le JDN/Economie.
- En effet, l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi a ouvert ses portes en octobre 2006 pour près de 170 étudiants.
- Elle est la première université à dispenser un enseignement public en langue française, dans tous les pays du Golfe.

3/ Saint-Cyr au Qatar
La dernière nouveauté est la création d’une école de formation des officiers dans le Golfe.
Selon M. Morin, ministre français de la Défense, ce Saint-Cyr Qatar aurait vocation à devenir un « pôle d’excellence régional », en accueillant des élèves officiers non seulement du Qatar, mais aussi des pays voisins.
Nous nous souvenons en effet que l’émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, avait été le premier chef d’Etat arabe à être reçu à l’Elysée, et l’invité d’honneur du défilé du 14 juillet (où l’un de ses fils, Cheikh Jouaan, figurait justement dans la promotion sortante de Saint-Cyr).
- Les enseignements seront pour l’essentiel en français, dispensés par des enseignants (80 civils et militaires) mis à disposition par la France, et seront une « copie conforme » de ceux de Coëtquidan.
- À noter par ailleurs que le projet prévoit une féminisation d’emblée.
Mais la coopération militaire entre les deux pays n’est pas nouvelle, puisque la France fournit 80% de l’équipement des forces armées qataries (12 Mirages 2000-5 (66 Mirages 2000-9 pour les EAU)), les militaires français s’y succèdent par missions de six mois et la gendarmerie en cours de constitution au Qatar adoptera le modèle français.

Quid de l’Université de Harvard et de l’Imperial Collège de Londres ; de West Point et de Sandhurst ?

jeudi 14 juin 2007

Une unité symbolique des pays arabes : les couleurs panarabes

Les couleurs panarabes sont au nombre de quatre : le rouge, le noir, le vert et le blanc.
Adoptées par la Grande Révolte arabe de 1916, visant à la formation d’un royaume arabe (Dar el islam), elles sont présentent dans la majorité des drapeaux arabes, et ajoute ainsi un semblant d’unité, ne serait-ce que symbolique.

Le drapeau de la Révolte arabe représente sur la gauche un triangle rouge, prolongé par trois bandes horizontales noire, verte et blanche.
- le triangle rouge symbolise la « maison hachémite » de Mahomet
- la bande noire : les Abbassides de Bagdad (750-1258)
- la bande verte : les Fatimides du Caire (969-1171)
- la bande blanche : les Omeyyades de Damas (661-750)

Seulement cette unité n’a été dés l’origine que purement symbolique, puisque une fois les terres arabes libérées de l’occupation turque, les français et les anglais se partagèrent le Moyen-Orient.
En effet, selon l'accord Sykes-Picot, la France se voit attribuer le Liban et le nord de la Syrie ; le Royaume-Uni : le sud de la Syrie, la Palestine et la Jordanie actuelles.

Drapeaux reprenant les couleurs panarabes:

Yemen










Egypte


















Syrie










Irak










Soudan








Palestine










Jordanie










Emirats arabes unis









Koweit








mercredi 4 avril 2007

« Le Sabre et la Virgule »


Dans son livre ainsi intitulé, Chérif Choubachy propose une simplification de la langue arabe, afin de l’ « adapter au monde moderne ».
Loin d’être le premier à se diriger dans cette voie, cette thèse réformiste avait été soulevée aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, par une commission présidée par le grand écrivain Taha Hussein. S’étant heurtée à de vives oppositions, elle ne pu jamais être mise en œuvre.
Mais qu’en est-il de nos jours ? Les mœurs ont –elles évoluées au point de permettre une réformation de la langue du Coran ?


1/ La thèse réformiste
- Une langue compliquée
Cet argument, souvent invoqué par les étrangers en apprentissage, se retrouve jusqu’ « aux plus grands intellectuels qui se surprennent à commettre des fautes » (Robert Solé).
Les structures morphologiques, grammaticales et syntaxiques sont en effet complexes, mais n’est-ce pas ce qui en fait la beauté la langue ?
Est-ce une raison suffisante pour chambouler la langue ?

En rapprochant le cas à la langue française : aussi compliquée soit-elle, qui n’a jamais osé en proposer une réforme ? Pourtant, les faits sont là, elle n’en demeure pas moins une des plus redoutées par les étrangers et rien n’est mis en œuvre pour la simplifier.
Ainsi, comment serait-il possible de toucher à une langue aussi sacrée que la langue arabe, alors que la seule langue française ne subit que de très maigres changements ?

- Disparition au profit des dialectes
Ce second argument, soutenu par Chérif Choubachy, semble moins pertinent de nos jours.
En effet, l’arabe littéral est utilisé comme langue commune dans la presse, à la radio et à la télévision. Les dialectes sont utilisés dans la vie de tous les jours.
Mais nous sommes loin de l’époque où seule une infime partie de privilégiés pouvaient accéder à l’arabe littéral. Outre quelques régions reculées, l’arabe littéral est connu de tous.
Par ailleurs, il demeure un instrument essentiel de compréhension au sein du monde arabe.


2/ L’impossible réforme
Pour s’être ainsi exprimé, Chérif Choubachy a dû quitter ses fonctions de vice-ministre égyptien de la culture.
En effet, même si la langue arabe est apparue plusieurs siècles avant l’Islam, elle n’en demeure pas moins sanctifiée de facto, par sa présence dans le Coran. Depuis de nombreuses années, les intellectuels se battent pour trouver une explication à la grammaire, la morphologie ou la syntaxe de la langue, en évitant soigneusement de critiquer le sacré. Une explication rationnelle est toujours trouvée, sans froisser le pouvoir religieux.
Mais aller jusqu’à changer la langue semble être un sacrilège.

Cette vive opposition à une quelconque réforme linguistique rappelle dans une certaine mesure, le scandale suscité par les caricatures du Prophète Mohammed (Mahomet).

Ces deux évènements montrent réellement l’impact du religieux dans le monde arabe.

A quand des manifestations en France contre le langage texto ?!

samedi 17 mars 2007

Iran : une mutation démocratique?


Contrairement à une idée reçue, l’Iran n’est pas une véritable dictature ! Il repose sur un régime d’essence théocratique depuis la Révolution islamique de 1979, d’où son nom de « République islamique d’Iran ».
Mais toute la contradiction de ce système repose sur cette volonté d’avoir un régime théocratique qui serait une République.
Alors que la période Khatami fut marquée par une large ouverture, la période Ahmadinejad se caractérise plutôt comme une nette régression.

1/ La mutation des nouvelles générations
Les jeunes générations valorisent beaucoup plus les valeurs occidentales, dans la vie quotidienne, au détriment des valeurs religieuses.
De nos jours, la politique du président Mahmoud Ahmadinejad est de plus en plus contestée par des phénomènes répétitifs de manifestation, souvent organisés par la jeunesse.
Ainsi, certaines pratiques de la République remettent en cause les valeurs traditionnelles :
- Politique nataliste : actuellement, trois iraniens sur quatre ont moins de 35 ans et la moitié de la population a moins de 24 ans. Toute une partie n’a donc pas connu la Révolution islamique de 1979.
- Education : développement d’une politique d’alphabétisation, gratuité de l’enseignement primaire et secondaire. Lors de la Révolution islamique, les étudiants n’étaient que 175000 ; désormais, ils sont plus d’un million 500 mille.
- Internet : (1994 : 250 internautes ; 2003 : 2 millions 500 mille)
- Antennes paraboliques : malgré l’interdiction qui en est faite en Iran, 43% des Iraniens regarderaient la télévision par satellite.
Toutes ces pratiques sont des indicateurs de cette soif d’ouverture vers le monde, qui a évidemment de lourdes conséquences au niveau politique.

En revanche, même si beaucoup contestent les prises de position d’Ahmadinejad, le peuple est uni derrière son président sur la question du nucléaire. Ceci est notamment perceptible dans la population, suite à l’impression de billets de Banque portant une connotation au nucléaire (atome au verso).

2/ L’évolution de la question des femmes et de l’éducation
Sous le Shah, il était interdit de porter le voile à l’université, d’où un refus massif des familles d’y envoyer les femmes.
A l’heure actuelle, plus de la moitié des étudiants sont des femmes. En effet, celles-ci sont les grandes gagnantes de la politique d’éducation.
L’ambiance dans l’éducation est beaucoup plus décontractée. A l’université de Téhéran, par exemple, les étudiantes respectent le port du voile, sans pour autant renoncer à leur féminité… ni à la fréquentation du sexe opposé. D’où une étrange conjugaison voile/jeans/maquillage.

Ainsi, la situation des femmes iraniennes est bien moins mauvaise que leurs voisines. Elles bénéficient en effet d’un droit de vote, du droit de travailler, et du droit à l’éducation.
Cependant, l’égalité n’est pas encore à l’ordre du jour.

3/ La question de la liberté d’expression
Outre le phénomène croissant de manifestations de la jeunesse contre la politique du président, des courants doctrinaux et politiques peuvent eux aussi se développer sans craindre une quelconque répression. Ce qui peut sembler assez exceptionnel dans cette partie du monde.
En effet, de très nombreux débats courent depuis quelques années sur la nature du régime.
- Certains, tel le philosophe Soroush, essayent de faire une synthèse pour doter l’Iran d’une démocratie islamique, s’opposant ainsi à la dynamique actuelle du système iranien.
- D’autres, tel le Mollah Montazeri, mettent en doute la légitimité des mollahs, et les qualités du Guide de la Révolution (Khamenei).
Ces intellectuels remettent en cause la base fondamentale de l’imbrication du religieux et du politique. Ils ne prononcent pas le mot « laïcité », mais l’idée est la même.
La théorie du « velayat e-faquih » (théorie du « gouvernement du docteur de la foi ») est notamment très critiquée. Elaborée par Khomeni, elle pose comme fondement que le religieux doit avoir le premier et le dernier mot sur la question des affaires de la cité. Il y aurait donc un système bicéphale : le Président et le Guide.

La qualité de ces débats ne se retrouve nulle part ailleurs. La Révolution a permis paradoxalement à ces idées de s’exprimer.

Proverbe iranien : "Si l’on peut défaire le nœud avec les doigts, pourquoi y mettre les dents ?"